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Nov 11, 2013

Deux jours sur la Grande Muraille


Un voyage en Chine ne serait pas complet sans voir la grande muraille
Category: Chine
Posted by: admin

Un voyage en Chine ne serait pas complet sans voir la grande muraille qui traverse le pays d'est en ouest, du désert Gobi à la région du Xinjiang. Il aura fallu dix ans pour achever cette construction gigantesque commencé il y a 2000 ans lorsque l'empereur Quin Shi Huang décida de relier des murs construits par des royaumes indépendants afin de se tenir à l'écart des nomades. Evidemment une grande partie du mur n'a pas résisté au temps et de nombreuses sections de la muraille ont été entièrement ou partiellement détruites. Certaines sections ont été rénovées et attirent chaque jours des milliers de touristes. Badaling et Mutianyu sont en effet les parties les plus fréquentées et donc à éviter car même si c'est un des lieux touristiques le plus visité au monde, il n'est pas très difficile de s'éloigner des foules et même de se retrouver à se ballader seul sur ce monument incontournable.

 

 

J'ai en effet passé deux superbes journée sur la grande muraille, bien loin de l'agitation de Pékin à la fin du mois d'octobre. J'avais l'intention d'explorer la section entre Jianshanting et Simatai mais malheureusement elle était fermée pour rénovation. J'ai donc marché dans l'autre sens, de Jinshangling à Gubeikou, ce qui a finalement été un bon choix car cela m'a permit de voir une partie rénovée de la muraille pas si touristique que ça (Jinshangling) et une partie abîmée qui n'a jamais été retouchée.

 

 

J'arrive donc de Pékin à ce lundi 21 octobre à Jinshangling en milieu d'après midi. Je n'ai aucun mal à trouver une auberge située à quelques pas de la muraille pour laisser mes affaires dans un dortoire. 60 yuans la nuit (6 euros), aux pieds de la grande muraille de Chine, il n'y a rien à dire. J'avais prévu de me reposer un peu mais une fois débarassé de mon sac je ne peux m'empêcher de me rendre directement sur la muraille qui ne s'est jamais trouvé si près de moi. J'empreinte une allée, grimpe quelques marches et un peu essoufflé me voilà enfin au sommet. Quelle sensation étrange de se retrouver là! Je peux voir les montagnes à perte de vue et ce mur sur lequel je me tiens qui serpente d'un sommet à l'autre jusqu'à se perdre à l'horizon, derrière les montagnes. Le paysage coloré par l'automne et juste le fait de se retrouver là face au soleil qui s'appête à se coucher est tout simplement extraordinaire. Je marche pendant une heure ou deux jusqu'à ce que le soleil soit sur le point de disparaître avant de retourner à l'auberge ou j'ai le dortoire pour moi tout seul.

 

 

Le lendemain je commence tôt la journée. Je veux en profiter au maximum et surtout je veux rejoindre Gubeikou avant la tombée de la nuit. Après avoir dévoré un bol de nouilles succulent, sac à dos me voilà reparti. Il est 8 heures du matin et il fait un peu froid mais j'ai la muraille pour moi tout seul. Je me rends vers la partie qui mène à Simatai et marche sur cette section jusqu'à ce qu'un signe me demande de rebrousser chemin. Sur les coups de 10 heures quelques touristes arrivent, la plupart des chinois voyagent en groupe. En chemin un groupe de six femmes probablement agées d'une quarantaines d'années m'arrêtent pour prendre une photo avec moi! Un peu plus loin ce sont deux chinois travaillant sur un chantier dans leur uniforme qui me demandent de prendre la pose! Ca m'amuse! Plus j'avance, plus le mur se déteriore et moins je rencontre de touristes. Mais à un moment il n'est plus possible de continuer. Un mur m'empêche d'avancer: je suis à l'entrée d'une section occupée par des militaires et non accessible aux touristes. Je dois donc rebrousser mon chemin, surpris et un peu agacé car la veille on m'avait pourtant confirmé que je pouvais marcher jusqu'à Gubeikou. Je retourne donc sur mes pas et essaye de demander à un vieux chinois comment je peux atteindre ma destination. Il me fait des signes et je comprends qu'il faut que je descende de la muraille et de la montagne pour contourner la partie interdite! J'ai un gros doute car je n'ai pas vu de sentier tracé. Heureusement une autre chinoise qui travaille sur le site et qui parle un peu d'anglais me confirme qu'il est possible d'accéder à Gubeikou en contournant cette partie de la muraille. Quel détour! Il faut en effet descendre la montagne pour ensuite la remonter, ce qui m'a pris bien deux heures! A bout de souffle me voila donc de nouveau sur la muraille. Malheureusement le temps se couvre. Je vois la muraille se perdre au loin devant moi et rien d'autre. Je ne rencontre pas une seule personne en route. Je marche encore plusieurs heures avant de pouvoir voir enfin apparaître le village de Gubeikou située entre deux montagnes. Je suis exténué lorsque j'arrive au pied de la montagne. Je m'arrête donc à la première auberge devant laquelle je passe. La chambre qu'on me propose est à 100 yuans la nuit mais j'arrive à la négocier pour 60 yuans; avec un lit double avec douche/toilette privée, c'est une bonne affaire. Je commande un bol de nouilles - car je ne sais rien commander d'autres en chinois! Et m'en vais récupérer un peu après cette longue journée avant que la pluie ne commence à tomber.

 

 

Le lendemain matin le temps est radieux. Je ne tarde pas trop pour reprendre mon exploration de la grande muraille. La continuité du mur se trouve sur un sommet imposant qui domine le village. J'ai eu tellement de mal à trouver l'accès à la murraille que j'ai presque failli abandonner en pensant que cette section n'était pas accessible. Heureusement j'ai persévéré et après m'être perdu à plusieurs reprises me voila de nouveau sur la piste.

 

 

Cette section de la muraille est extrêmement déteriorée, tellement déteriorée que la plupart du temps on ne peut pas marcher dessus mais plus je grimpe et plus le paysage est impressionant, je finis par me retrouver au dessus de tous les autres sommets. Le silence est complet, il n'y a pas un chat. Je suis étourdi par la beauté du paysage. Au bout de quelques heures je perds le sentier que je suivais. Je me retrouve à la cime de la plus haute des montagnes face au vide. Il n'y a plus de signe de muraille à proximité mais je l'aperçois qui réapparait plus loin, sur une autre montagne. Je me résous alors à m'arrêter là. De toute manière, il fallait bien que je m'arrête à un moment ou à un autre. Bien sûr qu'elle paraît infini et qu'on ne cesse de vouloir en voir un peu plus mais je suppose qu'on pourrait passer une vie à la parcourir. Alors je me suis assis un moment, seul à contempler le paysage tout en savourant le rare silence de la Chine puis je suis redescendu.

 

 

 

 

 

 

 

 

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