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Oct 13, 2014

Mes 3 meilleurs moments au Laos


Le Laos est le pays le plus pauvre d'Asie du Sud Est. Délaissé par les touristes qui ont longtemps préfèré le dynamisme du Vietnam, les plages de la Thailande et les temples du Cambodge, le Laos est aujourd'hui en pleine croissance touristique.
Category: Laos
Posted by: admin

Le Laos est le pays le plus pauvre d'Asie du Sud Est. Délaissé par les touristes qui ont longtemps préfèré le dynamisme du Vietnam, les plages de la Thailande et les temples du Cambodge, le Laos est aujourd'hui en pleine croissance touristique. Les voyageurs qui reviennent du Laos retiendront particulièrement l'état d'esprit très décontracté des Laotiens (les lettres PDR du slogans People Democratic Republic ont vite été remplacées par Please Don't Rush..."s'il vous plait ne vous pressez pas!") et les paysages splendides du pays montagneux. Une chose est certaine le Laos vaut le déplacement et ce sont des souvenirs mémorables que je garde de ce pays où j'ai passé plus d'un mois.

 

LE PLATEAU DE BOLAVEN EN MOTO

J'ai rencontré Markus pour la première fois à Krabie, au Cambodge. Nous êtions dans la même auberge de jeunesse et cela faisait plusieurs mois qu'il voyageait en Asie du Sud Est. Nous nous rencontrons la veille de mon départ pour mon grand tour de vélo le long du Mekong. Mais à peine une semaine plus tard nos chemins se sont à nouveau croisés alors que nous êtions dans le même bus en direction de la petite ville de Paksé, au Laos. J'ai voyagé pendant près d'un mois avec cette allemand de 26 ans qui a pris un congé sabbatique pour voyager de la Chine à la Thailande. Notre première aventure nous a conduit dans la splendide région du café au Laos, le plateau de Bolaven. Le plateau de Bolaven est situé au sud du Laos dans un volcan qui est entré en éruption il y a des millions d'années. D'une altitude qui va de 800 à 1350 mètres, la région est particulièrement verte et fraîche comparée au reste du Laos ou de la Thailande.

 

 

On y trouve de nombreux parc nationaux, des cascades (Tad en Laos) spectaculaires, de la jungle, et l'un des meilleurs café au monde. Un parcours populaire de plus de 400 kilomètres qui commence à Paksé, considérée comme la capitale du café du pays. En ce 21 Janvier nous louons donc pour quelques dollars deux scooters et nous partons pour un roadtrip de trois jours. Sur la route nous traversons plusieurs villages. A notre passage tous les enfants surrexcités accourent vers nous et nous lancent un “Sabaidee!”, “bonjour” en Laotien, en s'empressant de prendre la pause pour qu'on les prenne en photo. De nombreuses minorités ethniques vivent sur le Plateau du Bolaven. D'une manière générale les Laotiens sont très gentils mais nous avons trouvé que les locaux étaient particulièrement accueillants dans cette partie du Laos relativement épargnée par le tourisme.

 

 

Alors que nous progressions sur notre parcours et que le soir commençait à tomber, il faisait de plus en plus froid. Nous ne pensions d'ailleurs pas qu'il allait faire aussi froid et nous réalisons très vite que nous n'avions pas apporté assez de vêtements chauds. A une station éssence nous enfilons s tous nos vêtements y compris nos serviettes que nous nous enroulons autours de la taille!

 

 

Mais sur la moto un froid glacial s'engouffre en nous et nous sommes obligés de ralentir un peu pour moins ressentir l'air mordant de la nuit qui tombe. Sur le bord des routes on voit les locaux faire des feux, à la recherche de chaleur les familles se réunissent autour du feu. Ces personnes devaient avoir très froid aussi car ils vivent dans des cabanes en bois qui ne sont pas chauffeés. Tellement nous avions froid, nous nous arrêtons à plusieurs reprises pour se joindre à eux et nous réchauffer. Ils ne parlent pas anglais mais ils comprennent qu'on a froid, on échange alors des sourire avec eux. Le lendemain matin aussitôt levés nous partons à la recherche d'un marché et nous achetons des pulls et des gants!

Ce jour là nous allons d'une cascade à l'autre. Elle ne sont pas toujours très accessibles et ont doit à plusieurs reprises emprunter des chemins de terre, tout juste praticables avec les scooters. Les cascades en revanche sont toutes plus belles les unes que les autres. Tad Alang est certainement la plus spectaculaire de toutes. Il faut marcher une bonne demie heure dans la forêt en suivant le son de l'eau avant de pouvoir admirer cette merveille de la nature. La formation d'arcs en ciel au pied de la cascade entouré de végétation rend ce lieu féerique.

 

 

Alors que nous continuons notre route, on passe devant une maison où semble avoir lieu une fête; les gens chantent et dansent sur des airs traditionnels. Ils nous font signe de nous arrêter, nous laissons alors les motos sur le bord de la route et sans hésiter nous les rejoignons. Encore une fois personne ne parle un mot d'anglais on communique donc par signes. On nous accueille avec beaucoup d'enthousiasme, les hommes étant tous complétement ivres! On s'empresse de nous faire boire du Lao Lao, un alcool de riz artisanal traditionnel populaire dont les locaux sont extrêmement fiers. Après bu et dansé, nous décidons de repartir assez vite car nous avions encore de la route à parcourir et nous ne voulions pas finir aussi saoul qu'eux pour rentrer! Nous nous arrêtons à la ville la plus proche quelques kilomètres plus loin. Après avoir trouvé une auberge de jeunesse pour la nuit, nous terminons la journée dans un petit restaurant local où nous savourons une fondue chinoise (une sorte de pirade sur laquelle chacun grille ses légumes et morceaux de viande), un vrai délice.




 

TRECK DANS LA JUNGLE ET NUIT CHEZ L'HABITANT

Situé au bord de la rivière Ou, le charmant petit village de Mong Ngoi est constitué d’une seule rue et uniquement accessible en bateau.

 

 

A partir de ce village il est possible de faire une randonnée qui mène à un autre village construit au sommet d’une montagne. Seuls quelques touristes s’y rendent car cette randonnée qui traverse la jungle nécessite un guide. Avec Markus, mon compagnon de voyage au Laos, nous décidons, un peu inconsciement, de partir à la recherche de ce village par nous même. Un jeune coréen qui voyage avec sa mère se joignent à nous. Nous traversons facilement quelques petits villages en suivant un sentier au milieu des montagnes avant de pénétrer dans la jungle.

 

 

Pendant deux bonnes heures nous marchons dans l’épaisse végétation composée de forêts de bambou et bananiers sauvages. Le sentier que nous suivons depuis le début devient de moins en moins visible et entrecoupé par une multitude de rivières. Alors qu’il commence à se faire tard dans l’après midi, nous décidons de rebrousser chemin, après tout si il faut un guide pour accéder à ce village il y a peut être une raison!

 

 

Sur le chemin du retour, nous croisons un chasseur. Avec peu d’espoir nous lui demandons où se trouve le village que nous recherchons. Evidemment il ne parle pas un mot d'anglais mais il nous indique une autre direction avec sa main. Nous n’abandonnons donc pas notre recherche et fonçons dans la direction indiquée. Rapidement nous trouvons un sentier que nous suivons pendant deux bonnes heures, grimpant cette montagne au milieu de la forêt. La montée est assez éprouvante d’autant plus que nous avons tous fini nos bouteilles d’eau. On commence à s’inquiéter un peu et à nous demander si nous sommes bien sur la bonne route car jusqu’à présent aucun signe de village, seulement de la forêt et de la végétation. L'idée de dormir là, dans la jungle sans eau ni vêtement chaud n’est pas très réjouissante! Soudain une femme surgit d’un buisson avec une machette et un énorme sac de bambou qu’elle porte sur le dos. Quel soulagement de voir un signe de vie! Nous lui demandons si nous sommes sur le bon chemin elle nous fait alors signe de la suivre. A peine vingt minutes plus tard alors que le soleil se couche nous arrivons enfin au sommet de la montagne. Le soulagement est énorme, nous n’auront pas à dormir dans la jungle cette nuit! Comme la plupart des gens au Laos, les habitants du village vivent dans de petites maisons en bambou.

 

 

Nous trouvons une famille qui accepte de nous nourrir et nous héberger pour la nuit en échange de 3 euros chacun. A l’intérieur de la maison il n’y a pas de pièces mais qu’un seul espace. Un feu à même le sol sert de cuisinière, et on dort tous sur une paillasse les uns contre les autres. Il n’y a pas de toilette ni de salle de bain. On se lave à la rivière et on fait ses besoins dans les buissons! Ces gens vivent dans un autre monde, tellement loin du confort de notre quotidien pourtant le sourire ancré sur leur visage est tout simplement extraordinaire. Exténués après cette longue journée nous nous endormons immédiatement après le repas. Cette aventure dans la jungle et cette nuit passée chez l’habitant resteront gravé comme l’un de mes meilleurs souvenirs du Laos.

 

 

UNE NUIT CHEZ L'HABITANT DANS LA PROVINCE DE  LUANG NAMTHA

Markus a quitté le Laos quelques jours avant moi pour se rendre au Nord de la Thailande. Je décide de rester encore un peu de temps et en profite pour faire le tour de la région de Luang Namtha, tout près de la Chine au nord du Laos, en moto. Cette partie du pays est renomé pour son immense parc national, Nam Ha, zone protégée avec sa jungle dense et ses rivières. Le premier jour je suis une route en terre – très poussiereuse! - qui suit le cours d'une rivière.

 

 

Encore une fois je traverse plusieurs petits villages et les gens sont très accueillants. Arrivé à Vieng Phouka je trouve une auberge de jeunesse et me promène un peu dans le petit village. On trouve un terrain de boule dans pratiquement tous les villages au Laos. Les locaux aiment beaucoup la pétanque. En passant devant le terrain de boule, deux laotiens m'interpellent pour que je fasse une partie avec eux. La partie est serrée mais evidemment ils sont très bons et j'en sors perdant. Le lendemain, je monte un peu en altitude, le paysage devient plus impressionant avec de belles vues sur de vastes collines verdoyantes.

 

 

Je croise des enfants qui sortent de l'école. Ils m'observent avec un regard intrigué. De toute évidence, ce n'est pas tous les jours qu'ils doivent voir des blancs traverser leur village!

 

 

Mon parcours était presque terminé mais j'étais exténué après ces deux jours à moto et je ne voulais pas retourner à Luang Namtha la même journée car j'y avais déjà passé beaucoup de temps. Je décide donc de partir à la recherche d'une famille qui voudrait bien m'héberger et me nourrir en l'échange de quelques dollars. Je m'arrête au premier village que je rencontre sur la route. Je me dirige vers une femme qui tient un petit stand au bord de la route. Je lui fais signe que je cherche un lieu où dormir. Elle me sourit et me fait signe de la suivre. Nous rentrons dans le village constitué de petite maisons en bois sur pilottis comme la plupart des habitations au Laos.

 

 

Elle me montre l'une des maisons, sa maison. A l'aide d'un baton j'écris le chiffre 70 pour lui signifier que je suis près à lui payer 70000 kips soit 7 euros en échange de ses services. Une somme qui devait probablement dépasser ses esperances car elle ne cherche pas à négocier et me fait signe de monter dans sa maison avec un grand sourire. L'expérience que j'ai vécue ce soir là a été incroyable mais difficile car pour la première fois je me retrouvais vraiment seul avec des personnes avec lesquelle je ne pouvait pas communiquer avec les mots. L'accueil de cette famille a été extrêmement chaleureux. J'observe la mère cuisiner à même le sol dans la cuisine. La cuisinière est un feu de bois parterre.

 

 

Les enfants reviennent de l'école. Ils sont une dizaine à vivre sous ce toit entre enfants et petits enfants! On mange en rond parterre. La maison est composée de trois pièces distinctes: la cuisine, le salon et une chambre. Cependant il n'y a pas de toilette ni de chauffage à l'intérieur de la maison. Les gens du villages utilisent un WC commun qui consiste d'un trou dans le sol entouré de quatre draps! J'étais curieux de constater qu'il y avait une télé dans le salon. Après manger ils regardent un feuilleton à la télé qui a l'air de les passionner. Puis il est l'heure de se coucher, toute la famille se retire dans la chambre pour me laisser le salon. Je dors sur une paillasse à même le sol. La mère de famille me tend une couverture mais il fait extrêmement froid. Il faut bien admettre que j'ai bien peu dormi et que cette nuit a été plutôt longue d'autant plus que je commençais à tomber malade. Dans les petits villages du Laos les locaux se lèvent au chant du coq...c'est à dire lorsque le soleil se lève! Le père de famille prépare un feu de camps devant la maison et les enfants viennent se réchauffer auprès du feu. Ils tiennent tous une boule de riz collant dans leur main qu'ils prennent le temps de manger. C'est leur petit déjeuner...Les enfants n'ont pas l'air malheureux du tout, ils sont souriants et tout plein de vie. Jamais ils ne connaîtront le confort des autres enfants de leur âge dans l'autre partie du globe mais ils ont une joie de vivre unique que les autres gamins n'ont pas.

Même si je n'ai pas passé une bonne nuit cette experience reste un moment particulièrement marquant de mon passage au Laos.

 

 


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